The Gillette Company Saga · Édition Française · N° 03
Des Hommes Gillette Sont Morts
Dans la vie d’un homme, beaucoup de choses coexistent, mais les premières demeurent la nécessité et le besoin.
À l’intérieur de ces deux dimensions, l’homme se révèle, mais la part spirituelle se nourrit de décisions émotionnelles — jamais d’un raisonnement froid et logique.
Aujourd’hui était mon jour, le jour consacré à mes collègues de Gillette morts au terme de leur temps dans l’entreprise.
La première pensée est allée à mon père, comme il était naturel. Les larmes semblaient ne pas devoir finir, jusqu’à ce qu’une petite voix intérieure me dise : arrête de faire la fillette, tu es un homme Gillette — et mon père, depuis sa photo sur la tombe, semblait sourire en signe d’approbation.
Puis je suis allé voir Mario, un collègue de l’entreprise que j’avais connu du temps de mon père, et avec lui j’ai retrouvé Guido aussi — tous les trois dans le même groupe de travail, mais chacun avec une personnalité différente.
Ils me respectaient, ils prenaient soin de moi, et toute occasion était bonne pour raconter une histoire, une anecdote, comme seul sait le faire quelqu’un qui vient de la vente.
Ensuite, à l’intérieur d’une église — parce que la distance jusqu’au lieu où ils étaient réellement enterrés ne le permettait pas —, je me suis souvenu de Giuliano, mon ami et Area Manager qui m’avait formé, et du Dr Di Tullio, Directeur des ventes de cette Gillette Italia qui a fait la grandeur de l’entreprise, en construisant des hommes qui ne connaissaient pas la fatigue et qui étaient fiers d’être des gladiateurs armés de lames.
Puis, à la fin de la journée, j’ai pensé au grand-père Kamp. Je ne l’avais jamais rencontré en personne — les années où nous étions tous deux en activité ne se recoupaient pas —, mais trois choses nous unissaient.
Nous étions vendeurs, écrivains et francs-maçons, et pour boucler le cercle, nous avions tous deux réfléchi à la manière de construire des systèmes pour changer le monde et les gens qui l’habitent : lui y était parvenu physiquement, moi j’essaie de le faire sur le plan cognitif, et nous savions tous deux que cela avait été difficile mais pas impossible — comme il en va toujours lorsque quelque chose de nouveau naît.
Adieu à tous les hommes de Gillette.
À vous,
Ferdinando