Changement de maison

MADEMOISELLE WILKINSON · Édition française  ·  N° 06

Changement de maison


L’humanité oublie souvent que la toute première entreprise jamais créée fut la famille.

Il ne faut que quelques éléments essentiels pour faire tourner une entreprise : l’argent, souvent plus en sécurité entre les mains des femmes ; le bon sens d’un père ; et les enfants, fruits d’un amour soit soigneusement planifié, soit simplement issu de la passion, de l’impulsion et de l’erreur humaine.

Quand je considère Wilkinson Sword, de sa fondation à la longue liste des propriétaires qui l’ont possédée depuis, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’y dessine un schéma progressif.

Ce qui ne fonctionnait pas ne fut jamais vraiment amélioré.

On l’a simplement recouvert sous des montagnes d’argent.

Et l’argent, comme chacun sait, excelle à recouvrir les absurdités.

1891–1973

La Wilkinson Sword Company.

C’était là la véritable entreprise.

Quatre-vingt-deux ans de vie authentique, d’histoire, d’innovation, de récit, et de cette réserve typiquement anglaise qui en fait encore aujourd’hui un modèle pour bien des entreprises.

1973–1978

1978–1989

1989–1992

1992–2000

2000–2003

2003–2015

2015–Aujourd’hui — Edgewell Personal Care

Ce qui reste, c’est une tante aristocratique qui a changé de maison bien des fois et dormi dans bien des chambres.

Elle a été achetée, vendue, héritée, réorganisée et déplacée.

Pourtant, elle a créé très peu de choses par elle-même.

Elle demeure debout là où elle s’est toujours tenue, avec environ trois milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel et une réputation bâtie en grande partie par les générations précédentes.

Alors on revint à une vieille astuce marketing des années 1980.

Le même produit.

La même lame.

La même entreprise.

Des noms différents selon le marché.

Wilkinson en Europe.

Schick en Amérique du Nord, en Asie et en Russie.

Tante Wilkinson a gardé l’argenterie de famille.

Elle a simplement déménagé dans une autre maison.

Aujourd’hui, l’adresse a changé bien des fois.

La dame, elle, n’a pas changé.

Bienvenue

Gillette Man


Ferdinando

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