Pour elles seules

L’ORÉAL À TRAVERS GILLETTE · Édition française  ·  N° 14

Pour elles seules


Je venais de prendre ma retraite. Quarante ans de vente chez Gillette Italia. Comme bien des hommes de mon âge, j’avais peu de choix mais une certitude : le temps qui semblait autrefois sans fin était, par une sorte de magie, devenu mesurable.

Il pointait vers une ligne d’arrivée — qui, pour moi, serait un nouveau commencement.

J’avais eu peu de vices dans la vie. Le produit d’une éducation bâtie sur les principes et le devoir — non sur les besoins et les envies. Ce jour-là, je marchais dans la rue avec mes livres sous le bras. Ma véritable passion.

GILLETTENARRATIVE m’avait captivé — sans avoir besoin de bretelles.

Puis j’entendis des voix. Des voix de femmes. Et derrière moi : un groupe de femmes. Et quelles femmes.

Belles et éclatantes comme celles des films — sans le moindre défaut. Elles avançaient vite, laissant un sillage derrière elles comme des Formule 1 — de celles que les autres pilotes poursuivent, cherchant à voler un avantage. Je les suivis.

Je n’avais pas de billet. Pas d’invitation. Pas d’argent. Je ne me décourageai pas. Nous, les hommes Gillette, savons faire une chose à merveille — toujours la même : trouver des solutions. Jamais des problèmes.

J’abordai l’une d’elles et lui offris un livre. Elle sourit. Me demanda mon nom. Et en silence, prit ma main et me conduisit à l’intérieur du théâtre — sans un mot.

La magie des femmes. Le pouvoir des femmes.

Je m’attendais à une conférence. À un court spectacle. À un entretien avec des journalistes. Ce à quoi je ne m’attendais absolument pas, c’était au lancement d’une nouvelle campagne éducative intitulée :

ÇA NE SE FAIT PAS.

C’étaient exactement les mots qu’emploie chaque femme au monde — d’abord avec les enfants, puis avec les hommes.

Cela dura près d’une heure. Juste assez de temps — la fenêtre cognitive moyenne dont un homme a besoin pour accepter une idée avant de la traiter, et de la changer seulement ensuite.

Et tout était vrai. Nous naissons d’une femme. Nous venons au monde en pleurant et nous le quittons en pleurant. Nous passons notre vie à chercher l’épaule d’une femme sur laquelle nous appuyer. Et à la fin, nous nous retrouvons toujours seuls — avec un mantra qui résonne à nos oreilles :

ça ne se fait pas.


Ferdinando

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