L’ORÉAL À TRAVERS GILLETTE · Édition française · N° 11
Gillette Cheveux, et plus encore
Nous devenions, jour après jour, la marque présente dans chaque rituel humain avant de quitter la maison — le rasage, le gommage du visage, et pour les cheveux, du moins pour ceux qui en avaient encore, il fallait aussi faire quelque chose.
Le point de vue de Boston était que le MALE GROOMING devait porter à lui seul tout le marché masculin, mais nous, comme toujours, nous nous appuyions sur les femmes — nos meilleures clientes — même si à l’époque personne n’avait le cran de le dire tout haut à qui que ce soit. Aujourd’hui, j’ai trouvé le bon moment pour enfin le dire.
Shampooing Scientel, quatre variantes : cheveux normaux, usage fréquent, cheveux gras, antipelliculaire.
L’un des plus grands marchés qui soient — à l’époque il pesait près de 600 milliards de lires — et en détenir ne serait-ce qu’une petite part était déjà un résultat majeur.
Notre coup de chance fut que le leader du secteur restait encore cantonné à la vente à l’intérieur des parfumeries — cette entreprise connue sous le nom de L’Oréal, berceau de marques très puissantes. Mais ce n’était qu’un avantage momentané, car à peu près au même moment, avec une force formidable, la GRAPHIC BRAND de Garnier débarqua en masse, et personne n’aurait dû pouvoir la surpasser dans cette catégorie. Mais nous, nous avons fait mieux.
Dans le même temps, nous lançâmes l’achèvement de la ligne capillaire Scientel — gel, mousse, spray — et les clients devinrent convaincus que Gillette avait racheté L’Oréal. Quand les vendeurs de L’Oréal eux-mêmes passaient chez ces mêmes clients, ils s’entendaient dire, avec un sourire : « La commande, on l’a déjà passée — directement à Frega. »
La nuit, ce n’était que des rires dans les hôtels où nous nous retrouvions tous, et mon collègue de chez J&J et moi avions l’habitude d’échanger les commandes d’un client de Crotone qui, pendant des années, n’arrêta pas de commander : l’Oral-B chez lui, et « OB » chez moi. Jamais nous ne parvînmes à le convaincre du contraire.
AHAHAHAHAHHA
Ferdinando