L’HISTOIRE DE WILKINSON SELON L’HOMME GILLETTE

L’histoire de Wilkinson selon l’homme Gillette — La saga Wilkinson, chapitre 02

LA SAGA WILKINSON · Édition française  ·  N° 02

L’HISTOIRE DE WILKINSON SELON L’HOMME GILLETTE


Ce que Wikipédia rapporte sur les origines de la marque Wilkinson Sword passe depuis longtemps pour la version officielle et approuvée. Pourtant, à la lire attentivement, elle a tout d’une histoire commode, ritualisée, enveloppée d’un parfait aplomb anglais. Je choisis donc de la mettre en doute.

Les Anglais ont toujours été un peuple conservateur. Ils l’ont prouvé avec très peu de mots, mais beaucoup d’actes. Ils n’ont jamais renoncé à la Couronne, ni à leurs traditions, ni à leur drapeau, ni à leur patriotisme.

Ils sont le seul peuple à avoir véritablement colonisé le monde. La preuve en est que 1,4 milliard de personnes naissent dans la langue anglaise, tandis que plus de 4 milliards la parlent couramment.

En un sens, nous sommes tous anglais désormais : l’anglais est devenu la langue commune du monde.

Au début du dix-neuvième siècle, un garde royal au service de Sa Majesté la Reine, que l’on appelait simplement Wilki, se préparait chez lui avant de prendre son service. Comme toujours, la propreté et la tenue passaient avant tout.

Il tendit la main vers le couteau dont il se servait d’ordinaire pour se raser, et découvrit qu’il avait disparu. Sa fille l’avait emprunté avant de partir chez une tante. Elle en avait besoin pour sa toilette personnelle, en vue d’un rendez-vous galant avec un gentleman américain. Ces choses-là passaient pour des affaires de femmes, et les hommes n’étaient pas censés poser de questions.

Le temps pressait.

Wilki se tourna vers sa femme et lui demanda ce qu’il devait faire.

Sans sourciller, elle répondit :

« Wilki, prends l’épée et rase-toi. »

Henry Wilkinson était un esprit universel au talent extraordinaire, particulièrement doué pour l’ingénierie et les sciences naturelles. Il entretenait aussi des relations d’affaires avec la famille royale britannique.

De ce moment naquit le rituel de l’épée.

Plus tard, il devint une tradition pour le fils aussi.

De Wilki, le nom se mua en Wilkinson, et Wilkinson & Son devint le métier de la famille, transformant un rituel domestique en entreprise et posant les fondations du nom que nous connaissons aujourd’hui.

Entre le dix-neuvième et le vingtième siècle, l’entreprise étendit son activité aux produits de rasage et fournit ses premières lames de rasoir à l’armée — deux millions pendant la Première Guerre mondiale.

Les clients anglais n’entraient pas dans les boutiques pour demander des lames de rasoir.

Ils disaient simplement :

« Donnez-moi les deux épées. »

Entre-temps, la production s’élargit aux ciseaux, aux cisailles et à bien d’autres instruments tranchants.


LES DEUX ÉPÉES DE SA MAJESTÉ
Ferdinando

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